Conférence pour les CPGE - La Parole Samedi 4 mars 2017, de 14h à 17h, à la Cité des sciences et de l’industrie

, par Valérie Marchand

Le Collège international de philosophie et la Cité des sciences et de l’industrie invitent les classes préparatoires aux grandes écoles de commerce à une séance spécialement conçue sur le thème de la parole. C’est l’occasion de croiser différents regards sur cette notion.

On sait que la parole relève toujours – idée reprise avec force variantes depuis Aristote jusqu’à Wittgenstein – d’une expérience intellectuelle, mais que dit-elle de la pensée ? Qu’en restitue-t-elle ? On pourrait partir d’une dichotomie dont l’un des artisans aurait été Socrate lui- même : entre écrit et oral. À consulter les discours écrits, on croirait volontiers qu’ « ils sont bien savants », mais qu’on les questionne « sur quelqu’une des choses qu’ils contiennent, ils vous feront toujours la même réponse », fait-il remarquer à Phèdre à la fin du dialogue éponyme. Mais faut-il, et jusqu’à quel point, dissocier la parole de l’écrit, la réduire à tout ce qui relève de l’oralité ?
Tout en questionnant, depuis l’Antiquité des premiers philosophes, la nature même du langage, le thème de la parole recouvre bien plus d’objets. Elle est engagement et traduit cette idée dans des domaines aussi divers que celui de la vie privée et de l’ordre des sentiments, du droit ou de l’éthique. Elle investit tous les aspects de la vie en société. Prendre la parole, c’est agir autant qu’affirmer une volonté (dimension existentielle), c’est reproduire un système de connaissances extrêmement riche (grammaire, syntaxe, sémantique) mais également produire du sens, construire des argumentations et des raisonnements, faire usage de sa raison. C’est aussi, en s’inscrivant dans un système de communication, exister au sein de la cité : en prenant la parole, je me donne ce premier et incontournable moyen d’intervenir sur la conduite de la cité, idée qui remonte à la prégnance de l’oralité qui caractérisait les premières démocraties. C’est enfin, au-delà de la reproduction d’un système de codes, choisir, inventer, combiner : toute parole apparaît, en ce sens, être une création signant l’identité de chaque locuteur.
Trois intervenants animeront cette conférence :

- Françoise Waquet, historienne, directrice de recherche au CNRS,
- Isabelle Alfandary, Paris III Sorbonne nouvelle, directrice de programme au CIPh,
- Bruno Gnassounou, Nantes, Directeur du Caphi. Philosophie de l’action, philosophie du langage, métaphysique, philosophie du droit.

Modération : Catherine Portevin, chef de la rubrique Livres de Philosophie Magazine.

Partager

Imprimer cette page (impression du contenu de la page)